C’est un printemps placé sous le signe de Marcel Duchamp à New York. Alors que le MoMA présente une rétrospective majeure, la galerie Gagosian inaugure son nouvel espace de l’Upper East Side avec une exposition magistrale. En investissant le mythique 980 Madison Avenue, Larry Gagosian rend hommage au père de l’art conceptuel là où l’artiste lui-même exposait il y a 60 ans.

La résurrection des Readymades
L’exposition, du 25 avril au 27 juin 2026, met en lumière les célèbres « readymades ». Le parcours présente la série rare de 14 répliques créées en 1964 par Duchamp et Arturo Schwarz.
L’intelligence sur la main : Fontaine et L.H.O.O.Q.
On y retrouve des pièces maîtresses comme « Fontaine » ou la Joconde moustachue. Ces objets, autrefois banals, ont redéfini l’art en privilégiant l’intention intellectuelle sur la réalisation technique, une rupture radicale qui résonne encore aujourd’hui.


Un moment historique pour le marché de l’art
Une pièce cristallise l’attention : la « Roue de bicyclette » (version de 1964). Il s’agit du seul exemplaire de cette édition qui n’appartient pas encore à une institution publique, soulignant la rareté exceptionnelle de l’ensemble.

Un retour aux sources au 980 Madison Avenue
Ce bâtiment abritait autrefois la galerie Cordier & Ekstrom où ces mêmes répliques firent leurs débuts américains en 1965. Pour Larry Gagosian, ce choix est un « moment de rotation complète », affirmant son emprise sur l’histoire de l’art new-yorkais.

L’héritage vivant de la subversion
Duchamp est le point de départ du Minimalisme, du Pop Art et du mouvement Fluxus. En exposant ces objets « trouvés » dans l’un des quartiers les plus luxueux au monde, Gagosian rappelle la force de subversion intacte de l’artiste.
Dialogue entre le MoMA et Madison Avenue
L’exposition crée un pont entre l’institution publique et le marché privé, prouvant qu’en 2026, l’héritage de Marcel Duchamp reste plus provocateur et vivant que jamais.

Plus d’un siècle après leur création, les readymades continuent de questionner l’essence même de l’œuvre d’art. Avec cette inauguration, Gagosian ne se contente pas d’ouvrir une galerie ; il réaffirme que tout art contemporain commence, d’une manière ou d’une autre, avec Duchamp.



