Le monde de l’art est en deuil après la disparition brutale, le 9 avril dernier, du plasticien français Fabien Verschaere à l’âge de 50 ans. Artiste à la personnalité aussi solaire que ses œuvres étaient denses, il laisse derrière lui un vide immense. Cruel hasard du calendrier : il devait recevoir la médaille de chevalier des Arts et des Lettres ce mardi 14 avril, une distinction qui sera finalement remise à son père à titre posthume.
Né en 1975, ce diplômé des Beaux-Arts de Paris et de Nantes avait su imposer une signature visuelle unique, reconnaissable entre mille. Son œuvre est un inventaire poétique et chaotique où s’entrechoquent super-héros, oursons en peluche, têtes de mort et châteaux forts. C’est un capharnaüm organisé, un mélange de pop culture et de symbolisme médiéval qui oscille sans cesse entre la candeur de l’enfance et une ironie beaucoup plus grinçante.

Un échappatoire vital, devenu la force silencieuse
Derrière cette explosion de couleurs se cachait une résilience profonde. Souffrant d’une maladie génétique, Fabien Verschaere avait passé une grande partie de son enfance dans les hôpitaux. C’est là, entre quatre murs blancs, que le dessin est devenu son échappatoire vitale. Ce qui n’était au départ qu’une survie est devenu un langage universel, une manière de transformer les traumatismes en contes fantastiques où le rêve et le cauchemar dansent ensemble sans jamais perdre leur éclat.

Son talent avait largement dépassé les frontières de l’Hexagone. Exposé aussi bien au Palais de Tokyo (paris) qu’à Séoul ou Tokyo, Verschaere était un travailleur acharné, toujours tourné vers les autres. Son galeriste Laurent Rigail, avec qui il entretenait un lien fraternel, évoquait d’ailleurs leur dernier projet : un voyage au Vietnam pour offrir une fresque monumentale à un orphelinat. Une générosité qui transparaissait dans chaque trait de plume de ses compositions saturées.

1+1=11
Pour ceux qui souhaitent saluer son génie une dernière fois, plusieurs rendez-vous sont maintenus. L’exposition itinérante « 1+1=11 », conçue avec le Centre Pompidou, débutera ce 18 avril à Montpellier, tandis que l’exposition « Ceux que nous sommes » à la galerie Laurent Rigail est prolongée jusqu’au 25 avril. Fabien Verschaere est parti, mais son armée de diablotins ailés et de cœurs souriants continuera, elle, de peupler notre imaginaire pour longtemps.






