Les ours géants de Fabrice Hyber prennent la garde au Grand Palais

Si vous passez devant le Grand Palais entre le 9 et le 12 avril 2026, impossible de les rater. Pour la 28e édition d'Art Paris, l'artiste français Fabrice Hyber a installé deux sculptures gonflables monumentales qui bousculent le paysage urbain. Baptisée Ted Hyber, cette œuvre met en scène deux ours en peluche XXL de 10 et…
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09/04/2026

Si vous passez devant le Grand Palais entre le 9 et le 12 avril 2026, impossible de les rater. Pour la 28e édition d’Art Paris, l’artiste français Fabrice Hyber a installé deux sculptures gonflables monumentales qui bousculent le paysage urbain. Baptisée Ted Hyber, cette œuvre met en scène deux ours en peluche XXL de 10 et 5 mètres de haut. Mais ne vous fiez pas à leur look régressif : sous leurs airs de jouets d’enfance, ces colosses sont des figures totémiques chargées d’un message bien plus profond qu’une simple décoration de parvis.

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Art Paris 2026 – Parvis Ted Hyber, Fabrice Hyber 2 © Marc Domage

Art Paris signe une édition particulièrement ambitieuse.

L’installation s’inscrit au cœur d’une foire Art Paris particulièrement ambitieuse. Avec 165 exposants, l’édition 2026 explore le thème « Babel. Art et langage en France », sous la houlette de Loïc Le Gall. Dans ce parcours qui interroge notre manière de déchiffrer le réel, le choix de Fabrice Hyber est une évidence. Depuis 30 ans, cet artiste-chercheur mélange art, science et biologie pour créer un langage visuel unique où l’œuvre est pensée comme un organisme vivant, capable de muter et de se régénérer.

Des ours vert géant devant le grand palais
Villa Cavrois, exposition « Humeurs » de Fabrice Hyber, villa et son miroir d’eau depuis le jardin, 2024 © Fabrice Hyber – ADAGP © Photographe : © Benjamin Gavaudo / Centre des monuments nationaux
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Art Paris 2026 – Parvis Ted Hyber, Fabrice Hyber 2 © Marc Domage

Ted Hyber, Un multirécidiviste qui revient encore, déterminé à ne jamais tomber dans l’oubli.

Le personnage de Ted Hyber n’est pas un nouveau venu. Créé en 1998, ce « Teddy Bear » hybridé avec le nom de l’artiste fait partie de la famille des « Hyber héros ». Au même titre que l’Homme de Bessines ou l’Homme éponge, ces avatars sont des alter ego qui traduisent une prise de conscience ou une posture face au monde. Ici, l’ours devient une figure de protection, un gardien bienveillant qui accueille les visiteurs dans l’univers complexe de l’art contemporain.

Le duo exposé sur le parvis joue sur des contrastes saisissants. L’ours vert de 10 mètres, couleur chlorophylle, est une célébration directe du vivant et du printemps, un appel à l’optimisme dans une époque souvent anxiogène. À ses côtés, l’ours transparent de 5 mètres, nommé « Ted Hyb’Air », a été conçu spécialement pour l’occasion. Réalisé en PVC cristallin, il symbolise un refuge, une réserve d’oxygène pure et une protection contre la pollution extérieure, renforçant la dimension écologique du travail de l’artiste.

Une œuvre pensée comme un état d’esprit, érigée en véritable rempart politique.

Au final, l’irruption de ces ours monumentaux au Grand Palais est un geste politique autant qu’esthétique. Pour Fabrice Hyber, la joie et la gaîté ne sont pas des buts à atteindre, mais de véritables « modes d’action ». En transformant le parvis en un espace de protection du vivant, il rappelle que l’art peut être un rempart contre la morosité. Une parenthèse enchantée et monumentale qui prouve que l’on peut traiter des sujets les plus sérieux avec une légèreté gonflée d’intelligence.

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