Simon Bailly : Le roi du dessin sarcastique

Si vous lisez le New York Times, The New Yorker ou Libération, vous avez forcément déjà croisé son trait sans le savoir. Simon Bailly, illustrateur et graphiste né en 1993 et basé à Lyon, est devenu en quelques années la coqueluche de la presse internationale. Diplômé de l’École Supérieure d’Art de Lorraine en 2015, il…
zebra illustration

10/04/2026

Si vous lisez le New York Times, The New Yorker ou Libération, vous avez forcément déjà croisé son trait sans le savoir. Simon Bailly, illustrateur et graphiste né en 1993 et basé à Lyon, est devenu en quelques années la coqueluche de la presse internationale. Diplômé de l’École Supérieure d’Art de Lorraine en 2015, il a su imposer un style unique qui fait le pont entre l’élégance du design d’affiche et la narration incisive de la bande dessinée franco-belge.

Ce qui frappe immédiatement chez Bailly, c’est sa maîtrise absolue de la Ligne Claire. Imaginez l’héritage d’Hergé ou de Sempé mixé à l’efficacité visuelle d’un Saul Bass. Ses illustrations se distinguent par un trait noir précis, des aplats de couleurs savamment texturés et une mise en scène millimétrée. Qu’il dessine une rue bondée, un barbecue entre amis ou un court de tennis sous un soleil étrange, chaque image semble être une case de BD géniale figée en plein vol.

L’humour et le décalage créatif, érigés en véritables outils de critique.

Ne vous y trompez pas : sous cette apparente simplicité se cache un humour sec et souvent sarcastique. Simon Bailly excelle dans l’art de la métaphore visuelle. Il ne se contente pas d’illustrer un article ; il y ajoute une couche de lecture supplémentaire, un clin d’œil spirituel qui transforme un sujet d’actualité en une scène rétro-futuriste ou quotidienne délicieusement décalée. C’est ce mélange de « propre » et de « piquant » qui séduit des clients aussi prestigieux qu’Hermès ou le Los Angeles Times.

Robot - cerveau

Une critique sociale dessinée, pensée pour pousser à la réflexion.

Côté technique, l’artiste reste fidèle aux fondamentaux tout en embrassant la modernité. Il réalise généralement ses croquis et son encrage de manière traditionnelle, à la plume ou au pinceau, avant de passer sur Photoshop ou Procreate pour la mise en couleur de ses commandes. Pour ses projets personnels, comme ses affiches en risographie ou ses couvertures d’albums, il laisse parfois l’encre pure s’exprimer sur le papier, conservant une authenticité organique qui manque souvent à l’illustration numérique pure.

Des dessins de presse qui, par leur force et leur vision, s’inscrivent dans l’histoire de l’art.

Influencé par des pointures comme Joost Swarte, Daniel Clowes ou Adrian Tomine, Simon Bailly est aujourd’hui bien plus qu’un simple illustrateur de presse : c’est un créateur d’ambiances. Que ce soit sur son compte Instagram ou à travers ses collaborations avec le magazine Kiblind, il continue de prouver que le dessin minimaliste est l’outil le plus puissant pour raconter la complexité du monde moderne. Un talent brut, à suivre de très près pour tous les amoureux de graphisme léché.

trump-golf
Rédigé par

D’autres inspirations et contenus